Tu as un projet qui a du sens. Une cause qui te tient à cœur. Une solution dans laquelle tu crois profondément. Et pourtant, à chaque fois que tu dois en parler, c’est le même scénario : les mots se bousculent, ton interlocuteur décroche, et tu repars avec la sensation d’avoir tout raté.

Tu n’es pas seul. En 12 ans d’accompagnement et 180 entrepreneurs, dirigeants & collectifs vus passer, je peux te dire que les mêmes 5 erreurs reviennent toujours. La bonne nouvelle ? Elles sont toutes évitables. La meilleure : une fois corrigées, ton pitch change radicalement de poids.

Voici les 5 erreurs à connaître — illustrées par des cas réels, avec leur correction.

Erreur n°1 — Le flou sur le problème

La première phrase de ton pitch parle de toi, de ta solution, de ton entreprise. Tu sautes l’étape critique : poser le problème que tu résous. Résultat : ton interlocuteur ne sait pas pourquoi il devrait t’écouter.

« Bonjour, je m’appelle X et j’ai créé une plateforme numérique pour les associations qui… »

À ce stade, ton interlocuteur décroche déjà. Pourquoi ? Parce qu’il ne sait pas quelle douleur tu adresses.

La correction : commence par le problème concret, vivant, ressenti. Un chiffre, une situation, une frustration qui parle.

« En France, 70% des petites associations passent plus de temps à chercher des financements qu’à mener leurs actions. Résultat : elles s’épuisent et beaucoup ferment après 3 ans. »

Voilà. Maintenant, ton interlocuteur veut savoir comment tu résous ça.

Erreur n°2 — Le jargon militant

ESS, ODD, RSE, impact, écosystème, transformation systémique, gouvernance partagée… Ces mots ont du sens dans ton milieu. Mais ils sont opaques pour 80% de tes interlocuteurs externes : investisseurs, partenaires, médias, grand public.

Un jury de concours, un journaliste, un client potentiel n’ont ni le temps ni l’envie de décoder. Si tu utilises plus de 2 acronymes en 30 secondes, tu as perdu.

La correction : remplace chaque jargon par un mot du quotidien. Test simple : ton pitch doit pouvoir être compris par ta grand-mère ou un collégien de 14 ans. S’ils décrochent, tu réécris.

Exemples de traductions :

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Erreur n°3 — L’oubli de l’ASK

Tu termines ton pitch sur une belle phrase. Ton interlocuteur hoche la tête… et puis rien. Pas de suite, pas de rendez-vous, pas de financement. Pourquoi ? Parce que tu n’as rien demandé.

L’ASK (la demande) est l’élément le plus oublié du pitch engagé. Par pudeur, par peur du refus, ou par habitude d’« informer » plutôt que de « solliciter ». Résultat : même les meilleurs pitchs n’aboutissent à rien.

La correction : termine TOUJOURS par une demande concrète, mesurable, dans le temps. Une seule, claire.

Exemples d’ASK efficaces :

Un pitch sans ASK est un monólogue. Un pitch avec ASK est une porte ouverte.

Erreur n°4 — Le tunnel théorique

Tu présentes ta solution avant d’avoir montré que ça marche. Tu décris ton modèle, ta vision, ton roadmap, ta théorie du changement… mais tu ne donnes aucune preuve.

L’interlocuteur t’écoute poliment mais pense : « Encore un projet sur papier. » Et il a raison : dans 90% des cas, ces projets ne décollent jamais.

La correction : intègre une preuve concrète dans les 60 premières secondes. Une traction, même modeste.

Exemples de tractions :

Pas de traction ? Cite une preuve indirecte : ton parcours, une référence d’étude, un ambassadeur qui te soutient. Quelque chose qui ancre ton projet dans le réel.

Erreur n°5 — Le « pourquoi » caché

Tu parles de QUOI tu fais. Tu parles de COMMENT tu le fais. Mais tu ne parles jamais de POURQUOI tu le fais. Et c’est dramatique — parce que c’est ton « pourquoi » qui te rend unique, et qui fait basculer l’adhésion.

Sur un marché saturé où tous les acteurs proposent « la même chose », ce qui te différencie n’est ni ta solution ni ton modèle. C’est la cause profonde qui te fait avancer. Le moteur intime.

« Les gens n’achètent pas ce que vous faites. Ils achètent pourquoi vous le faites. » — Simon Sinek

La correction : intègre une phrase dans ton pitch qui dit pourquoi cette cause te tient à cœur. Pas un slogan générique. Quelque chose de vivant, raciné dans ton histoire.

Exemples :

Ce moment-là transforme ton pitch d’une présentation en une connexion.

À retenir

Un pitch engagé qui convainc, c’est problème + solution + traction + cause + ASK. C’est exactement la structure P.I.T.C.H. — Problème, Idée, Traction, Cause, Horizon. Cinq lettres, et tu n’oublies plus jamais l’un de ces blocs.

Une méthode claire pour ne plus jamais te tromper

Connaître ces 5 erreurs, c’est déjà un premier palier. Mais « savoir » ne suffit pas : dans la vraie vie, sous pression, devant un jury ou un investisseur, tout s’effondre si tu n’as pas une structure interne, automatique, mémorisable.

C’est exactement ce que j’enseigne dans la formation Le Pitch Engagé : la méthode P.I.T.C.H. — cinq blocs (Problème, Idée, Traction, Cause, Horizon) que tu apprends à activer dans n’importe quel format : 30 secondes, 2 minutes, 10 minutes.

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Ken Mohoué Anassin
Ken Mohoué Anassin
BUSINESS DEVELOPER · INNOVATIONS SOCIALES · DEPUIS 2014
180 entrepreneurs, dirigeants & collectifs accompagnés, 11 structures créées & cofondées, 10+ ans de terrain. J’aide les entrepreneurs et experts à impact à structurer et développer leur activité sans sacrifier leur mission. En savoir plus →